D’avocat à juriste, de juriste à avocat

Formations initiales similaires voire identiques, compétences semblables, volonté de faire réussir leurs clients : avocats et juristes possèdent beaucoup de points en commun. Après plusieurs années d’exercice, de nombreux praticiens du droit envisagent de passer d’un statut à l’autre. Toutefois, le transfert d’une profession à l’autre n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le croire de prime abord, il convient donc de s’y préparer !

D’avocat à juriste : des pièges à éviter 

 

  • Un mode d’exercice différent

En raison du caractère indépendant de la profession, le passage de l’avocat en entreprise peut se révéler parfois compliqué. Habitué à évoluer dans un écosystème particulier, l’avocat peut être confronté à des difficultés d’adaptation en rejoignant le monde de l’entreprise, celles-ci étant principalement liées à un mode d’exercice davantage collectif, ainsi qu’à des interlocuteurs et preneurs de décisions variés et éloignés du domaine juridique.

  • Une expérience trop longue en cabinet

Deux problèmes majeurs peuvent survenir en cas d’une expérience significative comme avocat : le profil et la rémunération. En premier lieu, après de longues années d’exercice et étant fortement marqué par la profession, les employeurs potentiels seront plus réticents à opter pour le profil d’avocat, ce-dernier étant habitué à travailler de façon indépendante et moins collective. En second lieu, la rémunération de l’avocat tend à devenir plus importante que celle du juriste après plusieurs années de pratique d’où la difficulté à trouver un poste en entreprise qui soit intéressant à ce niveau. Les entreprises ont également tendance à éviter de procéder à des recrutements comportant une diminution de revenus importante, ceci étant principalement lié au risque d’insatisfaction et de manque de motivation qui peuvent se produire.

S’il n’y a pas de durée précise à partir de laquelle le passage d’une profession à l’autre est susceptible de devenir compliqué, il n’en va pas de moins qu’une transition effectuée suffisamment en amont, généralement après 2 à 5 ans d’exercice et pas au-delà de 10 ans, est recommandée.

Le détachement en entreprise : une autre modalité d’exercice de la profession d’avocat

Pratique récurrente des cabinets d’avocats permettant la fidélisation de leurs clients, le détachement en entreprise consiste pour un cabinet à mettre à disposition un collaborateur au sein d’une entreprise pour une durée déterminée comprise, en moyenne, entre 6 et 12 mois. L’avocat peut travailler directement chez le client à temps plein ou avec une répartition du temps entre son cabinet d’origine et l’entreprise. Ce type d’expérience est souvent bien perçue par les entreprises qui recrutent car cela implique une connaissance plus fine du fonctionnement interne du corporate par l’avocat et confère une valeur-ajoutée à son parcours. Il s’agit donc généralement d’un véritable accélérateur de carrière pour ceux qui souhaitent passer en entreprise après une première expérience en tant qu’avocat.

Cependant, cette expérience peut parfois être mal vécue. C’est le cas lorsque l’avocat « perd contact » avec son cabinet surtout s’il y avait été recruté peu de temps avant son détachement, si l’entreprise le place en position de subordination ou lorsque l’avocat a l’intention de développer sa clientèle personnelle mais n’en a pas la possibilité réelle en raison du caractère prégnant de sa mission.

De juriste a avocat, une transition plus simple ?

Grâce à une procédure de passerelle prévue par l’article 98 du décret n°91-1197 du 27 novembre 1991 organisant la profession d’avocat, un juriste peut devenir avocat après huit ans d’expérience au sein d’un service juridique d’une ou plusieurs entreprises, le dispensant ainsi de l’obtention du CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat) qui constitue la voie d’accès normale à la profession. Toutefois, cette procédure impose de passer un examen contrôlant ses connaissances en déontologie et règlementation professionnelle.

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