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D’avocat à juriste,
de juriste à avocat

Formations initiales similaires voire identiques, compétences semblables, volonté de faire réussir leurs clients : avocats et juristes possèdent beaucoup de points en commun. Après plusieurs années d’exercice, de nombreux praticiens du droit envisagent de passer d’un statut à l’autre. Si le mouvement d’avocat à juriste est très répandu surtout après la 6e année, l’inverse est également de plus en plus répandu. Toutefois, et dans les 2 cas, le transfert d’une profession à l’autre n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le croire de prime abord, il convient donc de s’y préparer !

D’avocat à juriste : des pièges à éviter

  • Un mode d’exercice différent

En raison du caractère indépendant de la profession, le passage de l’avocat en entreprise peut se révéler parfois compliqué. Habitué à évoluer dans un écosystème particulier, l’avocat peut être confronté à des difficultés d’adaptation en rejoignant le monde de l’entreprise, celles-ci étant principalement liées à un mode d’exercice davantage collectif ainsi qu’à des interlocuteurs et preneurs de décisions variés et éloignés du domaine juridique. L’ADN d’un cabinet d’avocat, quel qu’il soit, est également très différent du monde de l’entreprise.

 

  • Une expérience trop longue en cabinet

Deux problèmes majeurs peuvent survenir dans le cas d’une expérience significative en tant qu’avocat : le profil et la rémunération.

Le profil

En premier lieu, après de longues années d’exercice et étant fortement marqué par la profession, les employeurs potentiels seront plus réticents à opter pour le profil d’avocat, ce dernier étant habitué à travailler de façon indépendante et moins collective. Le management qui est souvent demandé à un certain niveau de séniorité est très différent en cabinet et en entreprise. En effet, les avocats ne sont pas réputés pour être de bons managers, et ce n’est bien souvent pas leur priorité !

La rémunération

En second lieu, la rémunération de l’avocat tend à devenir plus importante que celle du juriste après plusieurs années de pratique, d’où la difficulté à trouver un poste en entreprise qui soit intéressant à ce niveau. Les entreprises ont également tendance à éviter de procéder à des recrutements comportant une diminution de revenu importante, ceci étant principalement lié au risque d’insatisfaction et de manque de motivation qui peut se produire.

D'avocat à juriste

Quand effectuer sa transition ?

S’il n’y a pas de durée précise à partir de laquelle le passage d’une profession à l’autre est susceptible de devenir compliqué, il n’en va pas de moins qu’une transition effectuée suffisamment en amont, généralement après 2 à 5 ans d’exercice et pas au-delà de 10 ans, soit recommandée. La sixième année est souvent une année charnière concernant la rémunération. C’est souvent, en effet, la dernière année où la société va pouvoir s’aligner sur la rémunération du candidat. Ça ne sera pas nécessairement le cas au-delà.

Le détachement en entreprise : une autre modalité d’exercice de la profession d’avocat

Pratique récurrente des cabinets d’avocats permettant la fidélisation de leurs clients, le détachement en entreprise consiste pour un cabinet à mettre à disposition un collaborateur au sein d’une entreprise pour une durée déterminée qui est comprise, en moyenne, entre 6 et 12 mois. L’avocat peut travailler directement chez le client à temps plein ou avec une répartition du temps entre son cabinet d’origine et l’entreprise. Ce type d’expérience est souvent bien perçu par les entreprises qui recrutent car cela implique une connaissance plus fine du fonctionnement interne du corporate par l’avocat et confère une valeur ajoutée à son parcours. Il s’agit donc généralement d’un véritable accélérateur de carrière pour ceux qui souhaitent passer en entreprise après une première expérience en tant qu’avocat.

Cependant, cette expérience peut parfois être mal vécue. C’est le cas lorsque l’avocat « perd contact » avec son cabinet, surtout s’il y avait été recruté peu de temps avant son détachement. C’est également le cas si l’entreprise le place en position de subordination ou lorsque l’avocat a l’intention de développer sa clientèle personnelle mais n’en a pas la possibilité réelle en raison du caractère prégnant de sa mission.

De juriste à avocat, une transition plus simple ?

Grâce à une procédure de passerelle prévue par l’article 98 du décret n°91-1197 du 27 novembre 1991 organisant la profession d’avocat, un juriste peut devenir avocat après huit ans d’expérience au sein d’un service juridique d’une ou plusieurs entreprises, le dispensant ainsi de l’obtention du CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat) qui constitue la voie d’accès normale à la profession. Toutefois, cette procédure impose de passer un examen contrôlant ses connaissances en déontologie et règlementation professionnelle.

Ce mouvement est de plus en plus répandu et ce, surtout, sur des profils experts avec une certaine séniorité.

Les profils les plus demandés par les cabinets sont des profils leur apportant de la visibilité sur un marché, ou une expertise très pointue et/ou un « carnet d’adresse » et donc la possibilité de développer une clientèle supplémentaire rapidement au sein du cabinet. Ainsi, les anciens Directeurs Juridiques, les Directeurs Compliance de grands groupes, les hauts fonctionnaires de l’administration fiscale et de certaines autorités mais également certains hommes politiques sont des profils idéaux.

Enfin, notons que de plus en plus, ce mouvement de fond se fait dans les 2 sens et même plusieurs fois dans une carrière !

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